Faut-il manger bio ?

Le bio est très à la mode c’est indéniable. Et pourtant le bio n’est pas tout neuf, il existe depuis des dizaines d’années…

Sa popularité est le résultat d’une prise de conscience par le grand public, et par voie de conséquence d’une large couverture médiatique.
Le bio est lié à la santé humaine et à celle de l’environnement, il est donc d’une importance cruciale, mais il est sujet à controverses car il dérange, car il est parfois mal compris…

Je ne peux pas ici couvrir tout le dossier du bio tant il est complexe et tant il y a dire, mais je vais tenter de dégager l’essentiel des faits et de ce que j’en pense, sachant que j’y reviendrai régulièrement dans d’autres articles.

Tâchons principalement d’y voir clair, en faisant fonctionner le bon sens et en relativisant la situation !

 

 

Les faits

Le terme « bio » est la contraction d’ « agriculture biologique » qui est un mode de culture naturel, sans pesticides, engrais et autres produits chimiques utilisés dans l’agriculture conventionnelle.

Le principe est de ne pas détruire l’environnement, et d’obtenir un aliment dépourvu, autant que possible, d’éléments chimiques nuisibles à la consommation humaine ou animale.

La filière concerne donc toute l’agriculture ! Des céréales, aux fruits et légumes en passant par la viande y compris les poissons d’élevage…
Pour les céréales, fruits et légumes on comprend donc qu’aucun produit chimique (c.a.d. aucun produit de synthèse ou artificiel) n’est utilisé pendant la culture.
Pour la viande et le poisson, il s’agit d’animaux qui proviennent d’élevage où l’alimentation de ces animaux provient elle-même de l’agriculture biologique.

Voilà pour le principe de base. Mais beaucoup d’autres éléments entrent en jeu, car il y a aussi la transformation, le conditionnement et le stockage des aliments, et là il y a quantité de procédés qui peuvent faire intervenir des produits chimiques ou traitements physique (ionisation…)

En principe les entrepreneurs bio sont des gens passionnés et avec des valeurs qui les conduiront à ne pas utiliser de procédés artificiels, du plantage de la graine jusqu’à l’emballage, et au stockage dans les rayons des magasins, mais… Pour éviter les tromperies, les abus etc., et pour que le consommateur ait une sorte de garantie, il a fallu créer des labels de l’agriculture biologique qui réglementent plus ou moins officiellement la filière bio !

L’une des premières, et la plus connue en France à ce jour, est la charte AB qui apparait sous forme d’un petit logo sur chaque produit qui la respecte.

Pour en savoir plus vous trouverez tout dans les textes réglementaires.

Cette charte existe depuis 1985 mais s’est ensuite alignée, en 2001, sur le label bio européen qui se trouve être moins contraignant que le label AB français d’origine.

Il existe des labels dans chaque pays qui varient plus ou moins sur ce qui est autorisé ou pas…
Au final c’est très compliqué de s’y retrouver, certes, mais l’essentiel est déjà là dans tous ces labels et c’est le principal !

Il existe également des labels privés ou issus d’associations, comme le label DEMETER (agriculture bio-dynamique), qui sont parfois bien plus poussés sur les critères à respecter pour obtenir un produit le plus naturel possible, respecter encore mieux l’environnement, ainsi que le travail et les cycles de vie.

 

 

Les effets du bio

Je ne vais pas revenir sur les désastres occasionnés à la nature par les pesticides, engrais et tous les autres produits chimiques (il y en a des centaines) qu’utilise l’agriculture non-bio, car il faudrait y consacrer un livre et je suis certain que vous avez déjà entendu beaucoup à ce sujet.

Je vais plutôt parler de choses évidentes, mais qu’on n’évoque pas toujours, et pour lesquelles beaucoup d’entre nous passent finalement à côté.

Première chose à savoir : le bio n’est pas forcément diététique ! Je tiens à bien préciser cet élément qui est une source de confusion souvent rencontrée.
Je m’explique : si vos habitudes vont vers des repas trop riches en glucides et lipides, (par exemple : viande + pâtes ou frites, puis fromage et dessert), vous allez tout droit vers de graves risques de détérioration de votre santé, et consommer la même chose en bio n’y changera rien du tout !!!
En d’autres mots : trop de crème fraiche ou de sucre, ça n’est pas bon pour la santé, que ça soit bio ou pas !
Par contre si déjà vous avez une alimentation équilibrée, et que vous souhaitez préserver la nature, et votre santé, de l’altération par les produits chimiques et donc de maladies supplémentaires, vous avez tout intérêt à manger bio.

Les détracteurs du bio s’appuient parfois sur le fait que certains aliments bio ne sont pas exempts de pesticides, car ceux-ci sont présents partout dans l’environnement…
C’est vrai. Mais ce qu’ils oublient, entre autres, c’est qu’il y en a infiniment moins que dans les produits non bios directement arrosés de dizaines de produits chimiques…
Le bio c’est donc, dans le principe, bien moins pire que l’agriculture traditionnelle, forcément, c’est incontournable !

L’autre controverse c’est la réelle dangerosité des résidus de produis chimiques contenus dans la nourriture non bio, qui fait dire à certains que le bio est superflu.
Sur ce point on peut toujours se noyer dans les nombreuses études qui cherchent à établir une relation directe entre l’apparition de maladies, et la quantité de produis chimiques absorbés par l’alimentation non bio. C’est la raison pour laquelle je ne donnerai pas dans cet article, de liens vers telle ou telle étude, car chaque mois de nouvelles études sortent, avec des résultats et des interprétations contradictoires.
Certaines d’entre elles concluent positivement en établissant, par exemple, un lien entre cancer et pesticides etc. mais il est encore très difficile de prendre tous les éléments en compte pour apporter une preuve directe et indiscutable dans un sens ou dans l’autre.
Ce qui est remarquable par contre, c’est l’augmentation globale des « maladies de civilisation » (cancers, parkinson, alzheimer, maladies auto-immunes…) depuis l’apparition des polluants de toute sorte, que ça soit dans l’alimentation, l’air, la terre ou l’eau…
Et comme l’agriculture non bio pollue tous ces éléments là, ça n’est pas compliqué d’y voir un lien, même si elle n’est pas la seule responsable de toute la pollution moderne.

Et puis pourquoi vouloir nous faire croire que les produits chimiques, utilisés dans l’agriculture ne seraient pas si nocif, quand on voit de plus en plus de cancer graves et foudroyant chez les agriculteurs conventionnels, de plus en plus d’animaux dont la population décroit, des terres tellement ravagées par les produits, qu’il en faut de plus en plus pour arriver à continuer à faire pousser quelque chose, etc. etc.

Si on fait intervenir le bon sens, il est rapidement évident que l’agriculture non-bio ne constitue pas une bonne chose pour la Terre et donc pour l’homme. C’est une escalade vers toujours plus de polluants, de plus en plus nocifs…
Donc, même si on ne peut pas prouver de façon simple que le bio est bon pour la santé, je pense que notre conscience nous amène à nous tourner naturellement et autant que possible, vers ce mode de production naturel, car il est respectueux de l’homme et de la nature.

Il y a autre chose qui plaide en faveur de l’alimentation bio, c’est la qualité nutritive (et donc gustative) des produits !
C’est en fait assez incroyable qu’on ne parle principalement que des résidus de produits chimiques quand on débat du bio. Car savez-vous qu’il y a bien plus de nutriments essentiels dans des légumes ou fruits bio que dans leurs équivalents en agriculture intensive ?
Les vitamines, enzymes et oligo éléments, si précieux, pour notre équilibre et notre santé sont de plus en plus déficients dans les produits non bios… Et ça c’est grave, car c’est la porte ouverte à toute une cascade d’effets allant vers la détérioration de notre santé !
Les produits chimiques utilisés en agriculture conventionnelles empêchent les fruits, légumes etc. de se doter en quantité normale, de leurs nutriments essentiels… Et après on s’étonne que les gens manquent aujourd’hui de magnésium etc. ?

Vous ne trouvez pas que c’est un peu « marcher sur la tête » que d’aller bousiller la qualité des aliments à coup de produits chimiques, et ensuite d’aller voir nos médecins pour qu’ils nous supplémentent en magnésium, phosphore, vitamines C etc.
Sans compter que les suppléments prescrits sont, le plus souvent, bourrés eux aussi de produits chimiques dans les excipients !
Sans compter également, que prendre des suppléments de cette façon ne sert pas à grand-chose, puisque notre métabolisme n’est pas prévu pour absorber les nutriments sortis de leur contexte (c.à.d. ingéré hors du légume ou du fruit…).

Alors STOP ! Revenons à des choses raisonnables et je pense qu’il n’est pas nécessaire d’avoir la preuve directe du bien-fondé de l’alimentation bio pour se rendre compte qu’elle est forcément une voie meilleure pour la Terre et l’humanité !
Et j’ajouterai pour les sceptiques : si vous n’avez pas assez de preuves à votre disposition, il faut pratiquer au moins le principe de précaution.

 

 

Les solutions pour manger bio

Pratiquement, comment manger bio facilement ?

Pour commencer, il y a plusieurs niveaux de qualité dans la nourriture « naturelle », surtout si on ne se limite pas qu’aux labels bios, et donc pour acheter il faut tenir compte des éléments suivants :

  • Les petits producteurs locaux : ceux que l’on rencontre par exemple sur les marchés, et qui cultivent ou/et élèvent sans produits chimiques, sans pour autant recourir au complexe et couteux label bio (attention toutefois aux baratineurs, ils sont nombreux, donc il faut discuter et faire jouer votre jugement face à l’aspect des aliments et à la crédibilité du vendeur)
  • Le « Label Rouge » : il n’est pas au niveau du bio car il n’interdit pas les produits chimiques, mais il en limite l’utilisation et est donc moins pire que l’agriculture ou élevage intensif
  • Le « bio industriel » (celui qu’on trouve en supermarchés) : là il faut faire attention car les industriels s’étant « emparés » du marché bio pour des raisons financières, ils ont les moyens de s’engouffrer dans les faiblesses des cahiers des charges du bio, pour fabriquer des plats ou sauces ou boissons etc. contenant des ingrédients bio, mais dans lesquels se glissent par exemple des additifs chimiques qui sont contraire à l’esprit « bio ». Il faut bien lire les étiquettes (j’y reviendrai)
    De plus la qualité intrinsèque de leur production est en général moins bonne au gout que les produits bio de petites productions… Par bon sens je me méfie beaucoup donc de ce bio « industriel ».
    Mais bien entendu il reste largement préférable au non-bio.
  • Le « bio de confiance » ou « de qualité » : c’est celui que l’on va généralement retrouver dans les chaines de magasins bio comme Biocoop, Satoriz, La Vie Claire, etc. ou des boutiques bio indépendantes : dans ces circuits-là vous trouvez, le plus souvent, du bio que je qualifierai « de bon esprit » pour indiquer qu’il s’agit de denrées provenant de producteurs passionnés par leur métier, et non pas d’opportunistes du bio, bien qu’il y en ait aussi. La qualité « bio » finale est donc globalement meilleure qu’en supermarché, d’autant que ces chaines de magasins représentent souvent un contrôle supplémentaire de qualité, qui élimine les producteurs bio pas assez rigoureux.

 

Vous trouverez dans ces différentes filières, des prix très variables (et pas toujours à l’avantage des supermarchés !), mais seule l’expérience vous guidera pour les meilleurs choix.

Autre aspect : que faut-il privilégier si on ne veut pas faire du tout bio ?
La réponse est vaste mais voici quelques éléments pratiques pour trier :

  • La viande et les produits animaux (donc y compris lait/beurre/fromages/œufs…) :
    dans l’élevage intensif on donne aux animaux de la nourriture polluée (puisque non bio), des médicaments (que vous retrouvez dans votre assiette) et, indirectement, des toxines générées par le stress d’être en élevage intensif… Donc j’aurai tendance à dire que c’est la catégorie la pire, et que celle-là qu’il faudrait manger en bio en tout premier. Malheureusement la viande bio est chère ! Au pire, choisissez un artisan-boucher consciencieux qui ne se fournit pas n’importe où, et ça sera déjà moins grave que la viande de supermarché, tout en étant plus abordable que la viande bio. En revanche les produits laitiers sont tout à fait abordables en bio surtout en supermarché.
    Il y a aussi la bonne solution de limiter la consommation de viande car on en mange beaucoup trop !
  • Les céréales :là c’est simple il faut absolument éviter les céréales complètes non bio car c’est dans l’enveloppe du grain que se logent le plus gros des pesticides et autres ingrédients chimiques !
    Je ne citerai pas de marques, mais oubliez les pâtes et riz complets non bio et attention aux céréales complètes des petits déjeuners…
  • Les fruits et légumes :le truc à retenir c’est d’éplucher impérativement tous les produits non bio « épluchables » !
    Tout particulièrement les tomates, carottes, pommes et poires et de bannir les fraises, car ce sont parmi les plus touchés en pesticides et nitrates (et quantités d’additifs pour améliorer la croissance, la taille et l’aspect des produits – une horreur croyez-moi). Or c’est dans la peau qu’on retrouve la plus grande quantité de résidus chimiques
    D’autres légumes, comme les épinards sont bourrés de nitrates etc. Donc là, pas d’autres solutions que de les écarter ou de les consommer bio si vous voulez les éviter !

 

Un dernier mot sur un reproche souvent fait aux aliments bios : les prix élevés ! Vrai ou faux ?
Et bien je dirai que ça n’est pas si véridique, pour les raisons suivantes :
si vous adoptez une nourriture saine (diététiquement), vous achèterez beaucoup moins d’articles superflus, comme par exemple des gourmandises salées et sucrées. De plus les produits sains sont plus nourrissants ! Notamment les aliments complets, donc vous en achetez moins en quantité. Au final de nombreuses études sont arrivées à la conclusion que les ménages qui mangent bio et sain, ont un budget nourriture équivalent voire même moins élevé que les autres…

 

 

Mon avis

En ce qui me concerne, je mange bio depuis 25 ans.
Ma santé est meilleure, je le sais, et mes amis le constatent bien souvent… mais ça je ne peux pas vous le prouver.
Ce que mon expérience me dit, c’est qu’à chaque fois que l’homme a modifié artificiellement la nature, ça n’a pas tourné à son avantage à long terme : donc par bon sens je privilégie forcément l’aliment naturel (bio) face à l’aliment artificiellement assisté, transformé etc. !

J’espère vous avoir apporté un éclairage sur certains aspects du bio qui ne sont pas évidents à capter quand on s’intéresse à ce sujet.

Il y a un aspect qui est fondamental, bien que tout à fait personnel : étant convaincu du bien-fondé de cette démarche, je suis fier de contribuer à une meilleure santé de la Terre et des animaux.
Et puis je suis ravi d’avoir des aliments dans mon assiette qui ont une vraie, délicieuse et naturelle saveur !
Ça parait tout bête, mais c’est plus important qu’on ne le croit !
Par exemple, avec de bonnes saveurs vous pouvez mettre en pratique plus facilement ce que répète inlassablement le Pr Joyeux : faites fonctionner votre palais des saveurs (soyez attentif aux parfums des aliments), vous reculerez les risques de certaines maladies cérébrales comme Alzheimer…

Pour conclure, je dirai que c’est également une grande satisfaction de savoir que je ne considère pas mon corps comme la poubelle des industriels ! Ceux qui s’enrichissent sans aucun scrupule, sur le dos des consommateurs quitte à les faire crever à petits feux, et la planète avec !

 

 

Repères rapides

Labels bio (« organic » en anglais) :

  • AB
  • Européen
  • Demeter
  • Nature et Progrès
  • Etc.

Magasins spécialisés :

  • Bio c’ Bon
  • Biocoop
  • BioMonde
  • La Vie Claire
  • La Vie Saine
  • L’Eau Vive
  • Satoriz
  • Etc.

Aliments les plus faciles et pas cher à trouver en bio, y compris en supermarché :

  • carottes, betteraves (cuites en sachet), oignons, pommes de terre
  • bananes, pommes
  • fruits secs ou demi-secs (raisins, abricots, dattes…)
  • pâtes et riz (privilégiez les « complets »), lentilles, quinoa…
  • chocolat (prenez le noir car moins sucré)
  • farines
  • lait (prenez le entier car moins transformé)
  • sucre (prenez le complet car moins nocif)
  • certaines charcuteries comme pâtés en conserve, jambon blanc…
    (attention aux conservateurs c.à.d. nitrates, salpêtre… qui sont fortement déconseillés et pourtant présent dans les charcuteries bio)

Epluchez tout ce qui n’est pas bio !

Et en non bio évitez :

  • surtout les fraises, bananes, ananas, qui sont gravement contaminés
  • les tomates, carottes, poireaux, asperges et épinards…
  • les pâtes et riz complets, ainsi que les céréales complètes et le son de blé
    (bien lire les étiquettes pour les céréales du matin p.ex.)
  • les produits laitiers entiers non bios
    (la graisse animale est la plus touchée par les résidus chimiques et produits toxiques)
  • toute la viande industrielle et surtout les abats !
    Si la viande bio est hors de prix pour vous, trouvez un bon boucher ou mieux encore une ferme locale, et informez-vous sur la provenance et la qualité de l’élevage pour limiter les dégâts !
    La viande Label Rouge évite le pire niveau toxicité, c’est un compromis qualité-prix acceptable dans le cas ou le bio est hors budget.

 

 

Références

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Pour plus d’explications sur ce choix

 

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